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LA VENTE DE GARAGE

LA VENTE DE GARAGE

 

 

L’intimité à petit prix 

 

 

Bout de papier collé à la va-vite : la vente de garage

 

 

On ne remarque pas toujours ces petits bouts de papier collés à la va-vite sur un arbre ou un poteau de signalisation. L’accroche visuelle sert de vitrine à un rendez-vous incontournable au Québec : la vente de garage. Un indémodable pour le chasseur de bonnes affaires. Car vous ne croiserez pas de vendeurs endimanchés à une vente de garage. Vous y verrez des silhouettes décontractées et souriantes, le visage incliné vers une exhumation passagère. 

 

L’expression, toute québécoise, renvoie à ces kermesses intimes qui fleurissent sur les trottoirs avec l’arrivée des beaux jours. On y brade ses souvenirs, en installant au grand air et devant chez soi une multitude d’objets aussi divers que variés, en quête d’une seconde vie sous la poussière des années. 

 

Crédits photos : Edouard Plante-Fréchette/La Presse.

 

 

Une vente de garage commence toujours par un message placardé à différents endroits, généralement en périphérie du lieu de rendez-vous. L’invitation est brève, toujours : vente de garage, à tel endroit et à telle heure. Certains optent pour un message aguicheur ou un visuel accrocheur, tandis que d’autres se contentent du simple panneau informatif. 

 

Sur place, on les détecte sans mal. La mini brocante attire les curieux du quartier ou les promeneurs de passage. On ne sait jamais si les petits papiers rabatteurs ont produit leur effet, mais on devine que dans le flot ininterrompu des badauds, certains ont coché dans leur mémoire ce pèlerinage à prix cassés. 

 

Les ventes de garage du Québec ont un petit côté sauvage et spontané très attachant. Elles tranchent avec le cadre réglementé de leurs cousines françaises, plus volumineuses, appelées vide-greniers ou braderies. Mais elles ont le mérite d’exister. 

 

Dans la Belle Province aussi, il n’y a pas de petits profits. 

 

Olivier PIERSON.