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File indienne

File indienne

La politesse en file indienne

 

La scène que je m’apprête à vous livrer étonne toujours le Français qui découvre le Québec. Je vous raconte…

 

Dans mon pays d’origine, la France, j’ai été habitué aux bousculades d’hommes préhistoriques. 

Je fais référence à ces meutes d’hominidés qui s’agglutinent par réflexe devant l’entrée d’un bus, d’un wagon de métro, ou la porte encore close d’une salle de cinéma ou de concert. C’est presque un réflexe. 

La bousculade est inscrite dans nos gènes de Gaulois en froid avec la discipline.

 

Un océan plus loin, la politesse a l’air plus fringante. Parenthèse : je ne veux surtout pas idéaliser le Québec, mais juste mettre en lumière un comportement qui prouve qu’on peut encore être civilisé en ce bas monde, que c’est pas bien compliqué. 

Au Québec donc, on fait la queue, pardon, on fait la file, selon l’expression en vigueur dans la province francophone. 

On le constate notamment à Montréal, aux arrêts de bus ou devant l’entrée de restaurants bondés. L’image appartient à la façon d’être des Québécois : la relax attitude. 

 

Quand un Français – maudit ou non – est témoin de ce genre de scène, il est à deux doigts de prendre une photo, au cas où ses compatriotes restés au pays menaceraient de le passer au détecteur de mensonge, ou mettraient cette hallucination sur le compte d’une dose excessive de cannabis (légalisé au Canada à des fins récréatives).

 

– Je vous assure qu’ils font la queue en attendant le bus, et de leur plein gré en plus !

 

Passé l’étonnement, on se fond sans difficulté dans cet alignement sans contrainte. 

On prend le pli, et on finit très vite par s’acclimater à ces petites processions urbaines qui tranchent avec la technique du troupeau bien française. À méditer !

 

Olivier Pierson.